Cet avis est un peu long et me paraît plus que nécessaire. Mon amie a eu un grave malaise samedi dernier sur Bandol, soupçon d'AIT (éventuel prémices d'un AVC ?) Après appel au Samu et transport en ambulance, arrivée a 23 h, formalités administratives, questionnaire auprès d'une infirmière aimable comme une porte de prison, mon amie a été parquée dans le couloir des urgences sur un fauteuil au milieu d'autres patients sur des brancards, son cas ne méritait sans doute qu'un fauteuil... Prise de sang au bout d'une 1 h 30 et plus rien jusqu'à 4 h... ni diagnostic, pas même un verre d'eau, ni explication, ni délai, malgré nos questions plus que précautionneuses par rapport a l'urgence probables d'autres patients. Réponses plus qu'agressives du personnel et des docteurs... On finit par se sentir seuls au monde alors qu'on est venu demander de l'aide et que l'on est dans l'angoisse, vous nous feriez presque culpabiliser d'oser au bout de 5 heures s'enquérir du temps de attente... Nous sommes parties au petit matin sans avoir vu de médecin, plus qu'épuisées et sans diagnostic.
Bien sûr que l'on est conscients du problème de manque de personnel, de l'urgence de certains cas prioritaires avant nous. Infirmières, docteurs, nous savons ce que vous vivez au quotidien mais de grace, un peu d'empathie et d'humanité, chacun a droit à votre attention, un regard compatissant en passant, un petit mot pour expliquer que vous êtes confrontés a des cas plus graves, que cela risque de durer 4 heures ou plus. On est avertis et par vos soins au lieu d'aller chercher timidement l'information de peur de vous deranger et de vous exaspérer. Il est évident que vous devez catégoriser les cas prioritaires au niveau des soins mais vous devez aussi considérer chaque patient sur un plan d'égalité humainement. Le simple fait de bénéficier d'un peu d'attention dans ces moments de détresse et d'angoisse où l'on vient vous demander votre expertise et un minimum de sollicitude. Vous n'en sortiriez que grandis et encore plus fiers de ce que vous faites. Nous avons de l'estime et de l'admiration pour votre travail et pour les vies que vous sauvez mais un peu moins pour votre manque d'empathie et de sollicitude pour les cas moins graves car en plus de l'angoisse, on sort vraiment traumatisés de cette expérience et de ce passage entre vos mains. Soyez plus humains et presents, il n'y a pas d'echelle dans l'angoisse surtout lorsqu'il s'agit de la santé. La seule dose d'humanité qui nous a un peu apporté un peu de réconfort venait de nos brancardiers et du gardien a l'entrée dans l'attente interminable et incertaine de notre taxi a 5 heures du matin pour rejoindre Bandol. Merci à eux.